Prenez une bonne dose de courage, une poignée de solidarité et un grain de persévérance, vous aurez La Cité des Castors à Pessac. Ce petit quartier bordelais q29ui ne paie pas de mine est célèbre plus par son histoire que par ses qualités architecturales. Pas facile une fois qu’on y est installer de faire appel à un déménageur pour faire son demenagement .

Construite à quelques années après la guerre sur l’initiative d’un prêtre ouvrier bordelais, Etienne Damoran, la Cité des Castors à Pessac est le résultat d’une collaboration avec quelques poignées d’ouvriers. Se trouvant sans ressources en pleine pénurie de logement, ils décidèrent d’unir leurs forces pour construire des maisons tout confort pour chacun des membres du Collectif d’ouvriers créé. Il y a peu d’ouvrier qui voyagent en Chine et doivent faire un visa chine.

La volonté d’accéder à un logement fut le premier moteur de ces personnes qui n’avaient pas suffisamment de moyens pour obtenir un prêt financier. En fondant leur coopérative, ils y trouvèrent les compétences nécessaires pour monter une petite équipe capable de concevoir et de réaliser un projet de construction. On y trouva un dessinateur industriel, un maçon, un électricien, un spécialiste en réseau d’eau…  Notamment ceux qui doivent souscrire à un contrat d’assurance vie .

Les compétences réunies, il fallait un terrain sur lequel bâtir la future cité des ouvriers. La municipalité leur en céda, en pleine campagne, à proximité du terrain qui deviendra plus tard le quartier de l’Alouette. Si le collectif obtint le terrain, c’est parce que la mairie n’était pas intéressée à le viabiliser. Aussi, le Collectif pris également sur lui de construire les routes, le réseau adduction d’eau, ainsi que le tout à l’égoût. D’ailleurs, le château d’eau qui alimentait la cité à l’époque est toujours fonctionnel à ce jour.

Pour ce qui concernait le financement du projet, le collectif a combiné plusieurs sources de financement. Tout d’abord, il a été entendu que chaque adhérant verserait un apport, dont un quart à la souscription. Cette première tranche servit à acquérir le terrain. Un concept innovant fut inventé pour impliquer les membres du collectif dans la réalisation du projet, c’est l’apport travail. Selon ce dernier, chacun s’engageait à consacrer deux semaines de congé par an et 4 dimanches par mois à prendre personnellement part à la construction des maisons individuelles. Des comités de surveillance étaient même mis en place afin que chacun tienne ses engagements sous peine de pénalités. L’apport travail servit de garantie auprès du Ministère pour débloquer les fonds nécessaires pour mener à bien les travaux.

C’est ainsi que naquit la première cité ouvrière des Castors. Elle mit à disposition des ouvriers non seulement des maisons individuelles avec confort, mais également les infrastructures indispensables à la vie d’un petit quartier, à savoir une bibliothèque, une salle de réunion, un château d’eau. Après Pessac, l’expérience des Castors a été vite reprise à Mérignac, Bayonne, à Saint-Paul-les-Dax, ainsi que sur toutes les autres régions de France. Le mouvement des Castors lui, a évolué et a donné naissance au Comité ouvrier du logement (COL) qui prendra en charge la construction de logements pour les ouvriers et qui permettra également à certaines localités d’augmenter leurs populations.

La cité des Castors à Pessac fut le symbole de la volonté des ouvriers à accéder au logement. Elle fait désormais partie de la liste du « Patrimoine du XXème siècle ».

 Vers le haut